être vue
Quand je vous parle de la peur d'être vu, je sais qu'il y en a beaucoup qui peuvent se reconnaître dans d'autres situations. Mais ça n'a jamais vraiment à voir avec notre peur d'être vus physiquement. Bien sûr, ça peut être lié à notre relation avec notre corps, si on est complexé, si on n'aime pas notre corps.
Cette peur d'être vu touche aussi physiquement, évidemment. Mais, c'est beaucoup plus profond que ça à mon sens. Si on n'avait La Peur d'« Appât Être » : Une Réflexion de Photographe
En gros, ce qu'on veut le plus est souvent ce qui nous fait le plus peur. Quand on a peur de se mettre de l?avant, c'est parce qu'on veut être vu. Mais vouloir être vu, ça peut vraiment faire peur, et il faut travailler là-dessus pour l'accepter.
Moi, c'est exactement là où j?en suis. À l?aube de mes 50 ans, il est grand temps de me mettre de l?avant. Après plusieurs années à mettre les personnes à l?avant de mon appareil, il est grand temps que je retourne mon appareil et que je fasse connaissance avec l?envers de ma lentille.
Je ne cherche pas à briller sous toutes mes coutures et me faire valoir sur le web pour récolter des éloges, des likes ou pour avoir l?air d?exister. J?ai besoin d?assumer ma valeur, car au fil de mes démarches pour m?accomplir, j'ai compris que me mettre en valeur était directement lié à la valeur que je m'octroyais.
J?ai longtemps porté le masque du gars gentil et serviable en cachant le plus possible mes défauts. Longtemps, j?ai cru que pour être aimé, je devais être un bon gars, serviable, attentif?
Avec mon profil et ma personnalité, je suis une personne qui n'apprécie pas les conflits, qui veille à ce que tout autour de moi soit en harmonie. Ainsi, je pouvais faire plaisir pour acheter la paix. Alors, je me suis construit un rôle bien pratique en façade. À l'aube de mes 50 balais, je pense avoir fait le tour et c?est maintenant l?heure de me mettre en valeur en faisant briller qui je suis réellement, comme j?en ai envie.
Ça me terrifie d'être vu dans toute ma vulnérabilité, dans toute mon authenticité. Et c'est ça que je veux vraiment vous raconter. C'est la peur d'être vu, mais pas juste physiquement. C'est la peur d'être vu sans masque, sans protection, avec toutes mes faiblesses, mes fragilités.
C'est la peur d'être vu tel que je suis réellement à l'intérieur, avec tout ce que je ressens profondément. C'est là que ça devient très vulnérable, pas juste raconter nos petites histoires sur les réseaux sociaux. Non, je parle d'être vu complètement à nu, c'est ça le vrai sens de la vulnérabilité.
Pour moi, ça met en lumière cette immense peur d'être vu en train d'assumer qui je suis, d'être un homme parfois confiant, parfois hésitant. Mais au fond de moi, il y a cette voix qui me dit : « Benoit, ça fait des années que tu essaies de faire plaisir et on te critique, te juge quand même, alors pourquoi je ne me donne pas le droit d?être qui je suis. » Autant recevoir des critiques et des jugements pour ce qu?on est vraiment plutôt que d'encaisser des propos sur une personne que je ne suis pas réellement.
plus aucun complexe, qu'on s'appréciait physiquement, bien dans notre corps, y aurait-il encore place à la peur d?être vu ? Je peux vous garantir que oui ! Je ne suis pas Brad Pitt, mais je suis bien dans ma peau, malgré le fait d?avoir un peu de bedaine et une masse musculaire moindre que mon fils de 18 ans.
Avec toutes mes années d?observation et d?écoute de ma clientèle, j?ai pu côtoyer des centaines de jeunes femmes, qui en apparence correspondaient aux critères de beauté de la société. (Je ne veux pas faire de stéréotypes ni partir de débat sur ce qui constitue les critères de beauté.). Mais j?espère que vous comprendrez l'exemple qui suit.
Trop de jeunes filles entre 14 et 25 ans sont déjà complexées par leur apparence. J?ai tellement vu de jeunes filles s'extraire de la famille, car elles ne voulaient pas être sur la photo de famille, parce qu'elles ne se trouvaient pas assez belles ! Quand tu as 16 ans, avec une taille proportionnelle, une belle dentition, des cheveux soyeux, qu?est-ce que ce sera le reste de sa vie avec le vieillissement naturel ?
Lien?
On se restreint, on se diminue, parfois par crainte d'être perçu comme trop confiant, trop sûr de soi. On se refuse le droit d'assumer nos qualités, de briller, de prendre de la place, de donner notre opinion. C'est comme si on devait s'excuser d'être nous-mêmes, de posséder des atouts, de montrer de la confiance en soi.
La peur d'être vu devient alors un combat intérieur entre ce que l'on désire profondément et ce que l'on croit être socialement acceptable. C'est un défi constant de s'accepter pleinement, d'oser briller sans culpabilité ni excuse.
La peur qui m?habite le plus, c?est la peur de ma lumière, car je sais au fond de moi que je suis plus que "pas assez". C?est la peur d'« appât être ». Quand on brille, on devient une cible pour les critiques, les jalousies et les jugements.
Briller signifie attirer l'attention, et avec cette attention viennent les regards, les opinions, et parfois, les malentendus. Mais c'est en acceptant cette lumière que l'on peut vraiment s'épanouir.
En étant authentiquement nous-mêmes, sans masque ni filtre, nous devenons un « appât » pour ceux qui reconnaissent notre vérité et notre force. Cette authenticité attire non seulement des regards curieux mais aussi des personnes inspirées par notre courage et notre sincérité. La peur d'« appât être » est en réalité la peur d'être vu dans toute notre splendeur, de révéler nos véritables couleurs, et d'accepter les réactions que cela peut susciter.
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Au lieu de fuir cette lumière, il faut l'embrasser. Car c'est en brisant nos propres barrières que nous permettons aux autres de faire de même. Notre lumière peut servir de guide, de phare pour ceux qui cherchent leur propre chemin. En osant être nous-mêmes, nous montrons la voie à ceux qui n'osent pas encore. C'est ainsi que nous transformons notre peur d'« appât être » en une force positive, un catalyseur de changement et d'inspiration.